Même si nous ne voyons pas de lien entre notre souffrance et nos péchés, ce lien existe néanmoins.
« Ils ont rendu le mal pour le bien que je faisais. » Mais si tu aimes ceux à qui tu fais du bien, alors tu as déjà été récompensé par le bien que tu as reçu à cause de ton amour. Par conséquent, le bien que tu fais avec amour, tu le fais toujours à toi-même.
La récompense de la vertu consiste dans la seule connaissance d’avoir accompli une bonne action.
— Cicéron
En annonçant le salut futur, Jésus indique au peuple les conditions nécessaires à ce salut de leur côté. Il sera le fruit de l’amour, du désintéressement, de la charité et du pardon. Donc, si la libération n’est pas encore venue, s’il est encore un temps de faim, un temps de larmes, un temps d’oppression, alors vous n’avez qu’à vous en prendre à vous-mêmes. Avez-vous accompli les commandements du Christ ? Avez-vous fait ce que vous deviez faire ? Plus d’une fois vous avez essayé d’obtenir le droit de briser vos anciennes chaînes, de sortir des sombres et misérables abris dans lesquels vous aviez été relégués par un pouvoir illégitime, et de vous bâtir un meilleur logis. Où vos efforts vous ont-ils menés ? Pourquoi les choses que vous avez créées au prix de tant de peine sont-elles toujours si vite détruites ? Sinon parce que vous êtes devenus comme l’homme qui avait bâti sa maison sur le sable ? Le torrent se jeta contre la maison, et la maison ne put résister à sa force et s’effondra ; et sa chute fut grande.
— Lamennais
Lorsqu’un être humain comprend que la cause de sa souffrance personnelle réside dans son illusion personnelle et concentre ses actions sur la destruction de cette illusion, il ne se plaint pas de sa souffrance et la supporte souvent avec joie. Mais lorsqu’une telle personne éprouve une souffrance qu’elle ne peut pas voir comme causée par une illusion, elle pense qu’elle subit quelque chose qui ne devrait pas arriver, et elle se demande : pourquoi, dans quel but ? — et, ne trouvant aucun objet sur lequel concentrer ses actions, elle se plaint de sa souffrance, et sa souffrance devient un terrible tourment. Quand une personne ne peut pas voir de lien entre sa souffrance et sa vie, elle peut faire une chose de deux façons : soit continuer à porter cette souffrance comme des tourments dépourvus de sens, soit reconnaître que sa souffrance est une indication de ses péchés, ainsi qu’une indication des moyens de délivrer d’elle-même et d’autres de ces péchés. À première vue, la souffrance n’a pas d’explication et ne provoque rien d’autre qu’un désespoir et un ressentiment croissants qui ne peuvent être résolus. À seconde vue, la souffrance provoque l’activité même qui constitue le mouvement de la vraie vie : la conscience du péché, la libération des illusions et l’obéissance à la loi de la raison.
La légende de la chute de l’homme — sur le péché et sur la rédemption de la souffrance et de la mort — n’est qu’une expression figurée du lien entre la souffrance et le péché.
Ce n’est qu’après avoir souffert que j’ai découvert à quel point les âmes humaines sont liées les unes aux autres. Un bon accès de souffrance suffit pour comprendre tous ceux qui souffrent, et l’on sait presque ce qu’il faut leur dire. De plus, l’esprit lui-même s’éclaire : le champ jusqu’alors caché des hommes et de leurs situations devient connu, et tu peux voir ce dont chacun a besoin. Grand est le Dieu qui nous rend plus sages. Et de quoi se sert-il pour nous rendre plus sages ? De cette même souffrance, à laquelle nous fuyons et que nous cherchons à cacher. C’est par la souffrance et le chagrin que nous sommes destinés à obtenir les grains de sagesse qui ne se trouvent pas dans les livres.
— Gogol
Pour un être humain qui vit une vie spirituelle, la souffrance encourage la perfection de soi, l’illumination et le mouvement vers Dieu. Pour de telles personnes, la souffrance peut toujours être transformée en tâche de vie.
Cherche en toi la cause du mal dont tu souffres. Parfois ce mal est la conséquence directe de tes actes, parfois il t’est revenu après une série complexe d’événements, mais sa source est toujours en toi, et le salut en sortant passe par le changement de ta manière d’agir.
