La conscience qu’un être humain a de sa loi est une manifestation du Dieu qui demeure en lui.
La notion de devoir, dans toute sa pureté, n’est pas seulement incomparablement plus simple, plus claire et plus compréhensible pour chacun dans la pratique que cette même notion dérivée de la poursuite du bonheur ou liée à elle (ce qui exige toujours une bonne dose d’artificialité et d’interprétation subtile), mais elle est aussi plus puissante, plus persistante et porte une plus grande promesse de succès devant le tribunal du bon sens que tout motif intéressé — à condition que la notion de devoir ait été assimilée par le bon sens et soit complètement indépendante des mobiles intéressés. La réalisation du fait que je peux parce que je dois révèle en l’être humain une profondeur de dons divins, lui faisant sentir la grandeur et la sublimité de sa véritable destination. Et si une personne accordait plus d’attention à cela et s’habituait à séparer pleinement la vertu de toute la masse des avantages qui servent de récompense à l’accomplissement du devoir, et à la voir dans sa pureté complète ; si l’exercice constant de la vertu devenait la base de l’éducation privée et publique (c’est-à-dire la méthode d’insister sur l’accomplissement des devoirs, qui a presque toujours été négligée), alors la condition morale des hommes s’améliorerait rapidement. Le fait que jusqu’à présent l’enseignement de la vertu n’ait pas donné de bons résultats tient à la fausse supposition que le motif tiré de l’idée du devoir est trop faible ou trop abstrait, et que le calcul de la récompense de l’observation de la loi, que nous pouvons attendre dans ce monde et dans l’autre, agit comme une impulsion plus forte sur l’âme. Et pourtant, c’est la conscience qu’a l’être humain de la source divine en lui qui le pousse plus que toute récompense extérieure à accomplir la loi du bien.
— D’après Kant
La morale, c’est l’orientation de la volonté vers des fins universelles. Est immoral celui qui agit pour une fin particulière. Est moral — disons-le avec Marc Aurèle et avec Kant — celui dont le but ou le motif peut devenir une règle universelle. Nous affirmons qu’en tous les hommes est cette perception majestueuse et cette commandement ; que c’est la présence de l’Éternel en chaque homme périssable.
— Emerson
Chaque personne, de l’empereur au mendiant, doit d’abord prendre soin de sa propre perfection, car c’est seulement la perfection de soi qui donne à chacun le bien.
— Confucius
À long terme, les hommes touchent seulement ce qu’ils visent. Ils feraient donc bien de viser quelque chose de haut.
— Thoreau
L’accomplissement de la loi du bien n’a rien de commun avec les biens matériels et mondains. Les biens matériels qui coïncident avec l’accomplissement de la loi nuisent à l’âme humaine. La plus grande élévation de l’âme se produit dans les conditions où l’opposition du bien moral au bien matériel cause de la souffrance.
