Une personne n’a qu’à se détourner de la volonté de résoudre des questions extérieures et à se poser une seule question intérieure, vraiment essentielle à un être humain — quelle est la meilleure manière de conduire ma vie ? — pour que toutes les questions extérieures se résolvent de la meilleure façon possible.
Nous ne savons ni ne pouvons savoir en quoi consiste le bien commun, mais nous savons fermement que l’atteinte de ce bien commun n’est possible que si chacun — donc moi aussi — accomplit la loi de bonté révélée à tout être humain.
La vraie vie ne se déroule pas là où se produisent de grands changements extérieurs, où les hommes bougent, se heurtent, se battent et s’entretuent ; elle ne se trouve que là où les changements sont si faibles qu’ils sont imperceptibles : dans la conscience spirituelle des hommes.
Marthe, Marthe, tu t’inquiètes et tu t’agites pour beaucoup de choses ; pourtant il faut peu de choses, ou même une seule. Marie a choisi la meilleure part, et elle ne lui sera pas enlevée.
— Luc 10:41–42
Les nations de la terre frémissent et tremblent. Partout on sent des forces à l’œuvre, qui semblent préparer un tremblement de terre. Jamais l’être humain n’a porté une responsabilité aussi énorme. Chaque instant apporte des inquiétudes toujours plus importantes. On sent que quelque chose de grand va se produire. Mais, avant la venue du Christ, le monde attendait de grands événements, et pourtant il ne l’a pas accueilli lorsqu’il est venu. De même, le monde ressent maintenant les douleurs de l’enfantement avant la nouvelle venue, et pourtant il ne comprend toujours pas ce qui se passe.
— Lucy Mallory
Il existe deux sortes de socialisme. Tous deux poursuivent le plus grand bien-être pour tous. L’un cherche à atteindre le bonheur universel ; l’autre à donner à chacun la possibilité d’être heureux à sa manière. L’un reconnaît l’autorité de l’État ; l’autre n’en reconnaît aucune. L’un exige le monopole pour l’État ; l’autre veut détruire tous les monopoles. L’un veut que les gouvernés deviennent les gouvernants ; l’autre cherche la disparition des classes. L’un croit en la guerre sociale ; l’autre ne croit qu’au travail de la paix. Il n’y a que ces deux socialismes. L’un est en train de grandir ; l’autre est arrivé à maturité. L’un est le passé ; l’autre l’avenir. Il faut faire place au second. Et chacun de nous doit choisir entre ces deux socialismes ou ne pas se reconnaître comme socialiste du tout.
— Ernest Lesigne
« Quand 1 personne sur 100 gouverne les 99, c’est injuste, c’est le despotisme ; c’est aussi injuste quand 10 gouvernent 90, c’est l’oligarchie ; mais quand 51 gouvernent 49 (et cela seulement dans l’imagination — en réalité, ce sont encore 10 ou 11 parmi ces 51), alors c’est parfaitement juste, c’est la liberté ! » Peut-il y avoir quelque chose de plus ridicule dans son absurdité criante que ce raisonnement ? Et pourtant, c’est précisément ce raisonnement qui sert de fondement aux actions de tous ceux qui cherchent à améliorer l’organisation de l’État.
Il est difficile de discerner la voix de la vérité parmi les cris des partis excités.
— Schiller
Celui qui veut servir la vérité et la justice doit être prêt à se tenir seul.
— Bersier
La pierre philosophale d’une constitution ne peut pas produire une conduite en or à partir d’instincts de plomb.
— Herbert Spencer
Si, au lieu de vouloir sauver le monde, les hommes commençaient à vouloir se sauver eux-mêmes, et, au lieu de tenter de libérer l’humanité, à se libérer eux-mêmes — combien ils feraient pour le salut du monde et la libération de l’humanité !
Plus les hommes croient que quelque chose d’extérieur, quelque chose qui agit de lui-même, au-delà de leur volonté, peut changer et améliorer leur vie, plus ce changement et cette amélioration deviennent difficiles.
