Seul ce qui est spirituel existe véritablement. Tout ce qui est matériel n’est qu’apparence. Ces deux maîtres sont l’âme et le corps.
« Nul ne peut servir deux maîtres ; car, ou il haïra l’un et aimera l’autre, ou il s’attachera à l’un et méprisera l’autre. Vous ne pouvez servir Dieu et Mammon. »
— Matthieu 6:24
Il est impossible de se soucier à la fois de son âme et des biens du monde. Si tu veux les biens du monde, renonce à ton âme ; si tu veux garder ton âme, renonce aux biens du monde. Sinon tu te divisera sans cesse en deux et n’obtiendras ni l’un ni l’autre.
— Épictète
Si les gens pensent que les seules choses qui existent sont celles qu’ils peuvent toucher de leurs mains, alors ces gens sont encore très ignorants.
— Platon
L’être humain peut mener deux vies : une vie vraie (intérieure) ou une vie fausse, illusoire (extérieure). Par vie intérieure, j’entends cette vie où l’être humain ne vit plus seulement selon les impressions, mais voit à travers tout le seul port et la seule rive — Dieu — et, au nom de Dieu, s’efforce et se hâte de mettre à profit le talent qui lui a été donné, au lieu de l’enterrer en terre, sachant que la vie ne lui a pas été donnée pour son plaisir personnel.
— Gogol
Notre sens du devoir nous force à sentir la réalité du monde matériel et à participer à sa vie, tout en nous en éloignant simultanément et en nous montrant son irréalité.
— D’après Amiel
Ce qui est invisible, intangible, spirituel et ce que nous percevons en nous-mêmes et par nous-mêmes est seul réel. Tout ce qui est visible et tangible est un produit de nos sens et donc seulement illusoire.
Il existe des enseignements du corps et des enseignements de l’esprit. Méfie-toi des premiers, car ils conduisent les peuples à l’esclavage. Celui qui travaille uniquement pour le corps forge ses propres chaînes, dans lesquelles il sera bientôt enchaîné. Malheur à celui qui vit d’une vie sensuelle, oubliant la vie de l’esprit, qu’il s’agisse d’un seul homme ou d’une nation entière, tombée si bas qu’elle s’est entièrement plongée dans les intérêts de la chair et s’en nourrit, s’engraissant — préparant un festin pour les vers. Seuls les enseignements de l’âme donnent liberté, vie et salut ; eux seuls raniment ce qui était déjà mort. Écoute donc la voix de l’esprit, toi qui veux être ranimé, toi qui veux quitter la tombe du vieux monde, pleine de pourriture et d’ossements. Personne ne sait d’où vient cette voix, car ce n’est pas la voix de quelque chose de connu. Cette voix ne s’entend ni dans les universités, ni dans les assemblées publiques, où les hommes se rassemblent pour entendre les paroles creuses d’un enseignement indifférent. Elle ressemble à la brise du désert, dont personne ne peut dire : cette brise vient d’ici ou de là. Jusqu’où cette voix atteindra, nul ne le sait ; aujourd’hui elle est ici, demain là, partout où l’on trouve des oreilles attentives et des cœurs prêts. Et nul ne sait jusqu’où elle conduira ceux qui disent à cette voix : guide-moi.
— Lamennais
En substance, il n’y a qu’un seul objet d’étude : les différents types et transformations de l’esprit. Tous les autres sujets s’y ramènent ; toutes les autres études s’y ramènent.
— Amiel
Je peux envoyer mes pensées à différentes personnes ; elles traverseront les mers et posséderont tous les pays, pourvu qu’elles portent en elles la puissance divine de l’amour et de la sagesse. Mes pensées sont les parties spirituelles de mon être et peuvent donc se trouver en mille endroits à la fois, tandis que mon corps ne peut être qu’en un seul lieu à un moment donné.
— Lucy Mallory
La nature est injuste. Si nous sommes un produit de la nature, pourquoi sommes-nous insatisfaits de l’injustice de la nature ? Pourquoi la conséquence se place-t-elle avant la cause ? Cette insatisfaction vient-elle d’une vanité vide et enfantine ? Non, c’est un cri venu du fond de notre être, qui se considère indépendant de la nature et exige la justice quoi qu’il arrive ! Les cieux et la terre peuvent être détruits, mais la bonté doit exister, et l’injustice doit être éradiquée. Telle est la conscience de toute l’humanité. L’âme ne dépend pas de la nature.
— D’après Amiel
Il nous semble toujours que tout ce qui est matériel, c’est-à-dire ce que nous percevons par les sens, est ce qu’il y a de plus clair, de plus compréhensible et d’évidemment réel, alors que c’est précisément cela qui est le plus obscur, incompréhensible, contradictoire et irréel.
