Lecture de la semaine 4 de août
<t>À propos de la libération de la terre, selon les enseignements d’Henry George « La terre de Dieu », dit le peuple, qui commence à comprendre que presque tous ses malheurs viennent du fait que la terre peut être une propriété privée. Le problème est le suivant : certains en ont beaucoup, et n’en ont pas soin — ils savent que sans aucun travail, la terre leur rapporte des revenus en prenant de la valeur d’année en année. D’autres en ont si peu qu’ils ne peuvent pas l’exploiter convenablement. Résultat : les gens fuient vers les villes, les usines, les bureaux ; les salaires baissent partout, et c’est la source principale de misère. Mais comment empêcher cela et permettre à tous d’utiliser la terre équitablement ? - Confisquer de force les grandes propriétés et les redistribuer également aux travailleurs, comme les paysans divisent les terres communales ? Impossible ! Même les terres d’un seul village sont difficiles à diviser équitablement entre tous ses habitants, et encore plus à maintenir ainsi sans fragmenter à l’extrême et compliquer l’agriculture. Déjà aujourd’hui, certains paysans ont vingt ou trente parcelles par champ, et ne peuvent rien en faire d’utile malgré leur volonté. Comment diviser équitablement toute la terre du monde entre tous ceux qui veulent la travailler ? Les terres du monde sont bien plus nombreuses que celles d’un village, et très différentes : - Terres sableuses : 15-20 roubles la dîme ; - Terres noires : 300-400 roubles ; - Prairies humides : 1 000 roubles ou plus ; - Terres minières (or, pétrole, charbon) : des dizaines de milliers de roubles ; - Terrains urbains : jusqu’à 1 000 roubles la brasse. Les prix varient : une voie ferrée passe, la population augmente, et la valeur grimpe. De plus, tous n’ont pas besoin de cultiver : artisans, forgerons, mécaniciens, tailleurs, charpentiers, commerçants, ouvriers d’usine, enseignants, scribes... Ils veulent tous, également, profiter de ce que la terre donne. Comment faire pour que tous profitent également des dons de la terre ? Pas besoin de confisquer les terres ni de les redistribuer. <i>La solution simple d’Henry George : Laissez chacun posséder la terre qu’il a aujourd’hui. Que certains y fassent des potagers, des vergers, élèvent du bétail ou sèment des céréales. Que les propriétaires de mines en extraient l’or, le pétrole ou le charbon. Tout reste comme maintenant, **mais celui qui possède la terre paie chaque année, pour le bien commun, la **rente foncière** complète** — ce qu’il recevrait s’il la louait nue, sans améliorations. - Terre arable : 3, 5, 10 roubles par an ; - Prairie : 50, 80, 100 roubles ; - Mine ou terrain urbain : 1 000 roubles ou plus. Celui qui possède une terre valant 10-15 roubles de loyer en paie 10-15 ; si l’année suivante elle vaut 30, il paie 30. **Chacun paie ce que sa terre rapporte réellement de loyer cette année-là.** Conséquences immédiates : - Les gros propriétaires oisifs abandonneraient vite leurs terres (trop cher à entretenir sans travail) ; - Les travailleurs les prendraient à bon prix. - Il y aurait assez de terre pour tous ! Cet argent (rente foncière) irait au bien commun et remplacerait tous les impôts actuels. En Russie, elle vaudrait deux ou trois fois plus que les recettes fiscales actuelles. À Moscou seul : vingt millions de roubles ! Avantages pour tous : - Pour les paysans : assez de terre, plus d’impôts ni de dîmes. - Pour les citadins, artisans, ouvriers : moins de concurrence (les gens retournent aux villages), salaires justes (non dictés par les patrons), nourriture bien moins chère (sans taxes sur les produits). Ainsi, tout le monde recevrait également, de la terre, ce que Dieu y a mis. Plus comme sous le servage ou l’esclavage (tout pour quelques-uns, rien pour les autres), ni comme aujourd’hui (où certains s’approprient la terre comme richesse privée, la retirant aux travailleurs).
— D’après Henry George, présenté par S. D. Nikolaev. Édité par L. N. Tolstoï.
